Aller au contenu
Traversées
Enquête

Rédactrice, puis relectrice, puis quoi

Vingt-trois rédactrices web suivies entre 2021 et 2026. Leurs trajectoires ne racontent pas une disparition, mais une série de glissements mal payés.

11 juillet 20261 min de lecture
Machine à écrire posée sur une table de travail.

Un panel suivi cinq ans

L'enquête a commencé en 2021 avec un panel de vingt-huit rédactrices et rédacteurs web salariés ou indépendants. Vingt-trois ont accepté d'être suivis jusqu'en 2026. Aucun n'a quitté le secteur, ce qui contredit les récits de disparition professionnelle. Dix-neuf font pourtant un travail différent de celui qu'ils faisaient il y a cinq ans.

Trois glissements successifs

Le premier glissement porte sur la production initiale du texte, largement déléguée à partir de 2023 dans les structures que nous avons observées. Le deuxième porte sur la relecture, qui devient l'activité principale et qui est presque toujours facturée moins cher que l'écriture. Le troisième, plus récent, porte sur la responsabilité éditoriale : vérifier, sourcer, engager la signature.

Ce troisième glissement est le seul qui s'accompagne, dans notre panel, d'une revalorisation. Sept personnes ont négocié une hausse en s'appuyant sur la responsabilité juridique qu'elles assument désormais. Les seize autres font le même travail sans que le contrat en porte trace.

Je suis payée à la relecture et je réponds de l'exactitude. Personne n'a écrit ça nulle part, mais c'est bien moi qu'on appellera.

Rédactrice indépendante, huit ans d'exercice, Lille

Le tarif ne suit pas la responsabilité

Les tarifs déclarés dans le panel montrent une baisse médiane de 22 % du prix au feuillet entre 2021 et 2026, en euros courants. Cette baisse s'accompagne d'une augmentation du volume traité, si bien que le revenu annuel médian recule moins vite que le tarif unitaire. Le temps de travail déclaré, lui, ne baisse pas.

Nous publions le détail de ces déclarations dans le dossier consacré à la mesure. Elles reposent sur du déclaratif et doivent être lues comme telles, avec les biais que cela implique.